La vraie rentabilité locative d’un achat neuf à Bezons ne se lit jamais sur la plaquette du promoteur : elle se calcule en soustrayant charges, taxe foncière, vacance locative et fiscalité du loyer brut annoncé. Sur un T2 neuf à 245 000 € loué 950 €/mois, l’écart entre le rendement brut affiché (4,65 %) et le rendement net réel après impôt peut dépasser 1,8 point — soit près de 4 400 € de différence par an sur le cash-flow. Voici comment reconstituer ce calcul étape par étape, avec les chiffres du marché bezonnais en 2026.
Le rendement brut : un indicateur commercial, pas une donnée de décision
Le rendement brut se calcule en divisant le loyer annuel par le prix d’achat, frais de notaire compris. Sur un appartement neuf à Bezons vendu 245 000 € et loué 950 € par mois, le calcul donne : (950 x 12) / 245 000 = 4,65 %. C’est le chiffre que met en avant la brochure commerciale, et il n’a presque aucune valeur pour juger de la rentabilité réelle d’un investissement.
Ce ratio ignore la totalité des charges qui viennent grever le loyer perçu : charges de copropriété non récupérables, taxe foncière, frais de gestion locative, assurance loyers impayés, vacance entre deux locataires. Pour un T2 dans un programme récent proche du tramway T2 et des bords de Seine, ces postes représentent souvent 20 à 30 % du loyer brut annuel.

Le rendement net de charges : la première correction indispensable
Pour obtenir un chiffre exploitable, il faut soustraire du loyer annuel les charges non récupérables auprès du locataire. À Bezons, sur un programme neuf standard, comptez généralement :
- Charges de copropriété non récupérables : environ 8 à 12 % du loyer annuel selon les prestations (ascenseur, espaces verts, gardiennage partiel)
- Taxe foncière : entre 900 € et 1 300 € par an pour un T2 neuf, sauf pendant la période d’exonération temporaire
- Frais de gestion locative si vous passez par une agence : 6 à 8 % du loyer TTC
- Provision pour vacance locative : 1 mois de loyer par an en moyenne dans le secteur, soit environ 8,3 % du loyer annuel
En reprenant l’exemple précédent : loyer annuel brut 11 400 €, moins environ 2 850 € de charges cumulées (copropriété, taxe foncière, gestion, vacance), il reste 8 550 € nets. Rapporté aux 245 000 € investis, le rendement net de charges tombe à 3,49 % — un point de moins que le brut affiché.
L’impact de la fiscalité : le rendement net-net qui détermine le cash-flow réel
Le rendement net de charges ne dit toujours pas ce qui reste réellement dans la poche de l’investisseur, car les loyers perçus sont imposés. Sans dispositif Pinel — désormais abrogé, voir notre article sur l’avenir de l’investissement locatif après la fin du Pinel — deux régimes s’appliquent selon le mode de location choisi :
En location nue (micro-foncier ou régime réel)
Au régime réel, les intérêts d’emprunt et une partie des charges sont déductibles, ce qui réduit fortement la base imposable les premières années. Un investisseur à une tranche marginale d’imposition (TMI) de 30 % qui déclare un résultat foncier de 4 000 € paiera environ 1 200 € d’impôt sur le revenu, plus les prélèvements sociaux de 17,2 %, soit 688 € supplémentaires — un total proche de 1 888 € de prélèvements sur l’année.
En location meublée (LMNP)
Le statut LMNP permet d’amortir le bien et le mobilier, ce qui neutralise souvent l’imposition pendant 8 à 12 ans. Pour comparer les deux options en détail, consultez notre analyse sur Pinel, Pinel+ ou LMNP et notre article dédié à la fiscalité locative à Bezons sans Pinel.
Sur notre exemple, un propriétaire en LMNP peut conserver la quasi-totalité des 8 550 € nets de charges, contre environ 6 662 € pour un propriétaire en location nue au régime réel avec une TMI de 30 %. L’écart de rendement net-net entre les deux régimes atteint alors près de 0,77 point sur le capital investi.
Étude de cas : un T2 neuf loué près de la mairie de Bezons
Prenons un cas concret pour illustrer l’ensemble du calcul. Un investisseur achète un T2 de 42 m² dans un programme neuf proche de la mairie de Bezons pour 238 000 € frais de notaire inclus. Il le loue en meublé 920 € par mois, charges non comprises.
- Loyer annuel brut : 11 040 €
- Rendement brut : 4,64 %
- Charges annuelles (copropriété, taxe foncière, assurance PNO, provision vacance) : environ 2 650 €
- Loyer net de charges : 8 390 €
- Rendement net de charges : 3,52 %
- Grâce à l’amortissement LMNP, l’imposition sur ce résultat est quasi nulle la première décennie
- Rendement net-net réel : proche de 3,50 %, très proche du net de charges
Ce cas montre l’écart typique observé sur le marché bezonnais : environ 1,1 à 1,3 point entre le rendement brut commercial et le rendement réellement disponible pour l’investisseur, même en LMNP.

La vacance locative et la tension du marché bezonnais
La proximité du tramway T2 et le développement du quartier des Bords de Seine soutiennent une demande locative solide, mais elle n’est pas homogène sur toute la commune. Un T2 ou T3 bien desservi se relouera en moyenne en 3 à 5 semaines, tandis qu’un logement plus excentré ou mal exposé peut rester vacant 2 à 3 mois entre deux locataires.
Chaque mois de vacance supplémentaire représente environ 8,3 % de perte sur le loyer annuel. Sur notre exemple à 920 €/mois, un seul mois de vacance non anticipé fait chuter le rendement net-net de 3,50 % à environ 3,10 % — un écart suffisant pour remettre en cause la pertinence d’un investissement à la marge.
Comment sécuriser ce paramètre
Il est recommandé d’intégrer systématiquement une provision de vacance dans le calcul, même optimiste (0,5 à 1 mois par an), et de privilégier des typologies recherchées : les T2 et T3 se relouent nettement plus vite que les grands T4 à Bezons, où la demande locative est plus restreinte.

Charges de copropriété : le poste souvent sous-estimé dans le neuf
Les charges de copropriété dans un programme neuf sont parfois annoncées à un niveau optimiste par le promoteur avant la constitution effective du syndic. Sur les premières résidences livrées à Bezons, l’écart entre charges prévisionnelles et charges réelles constatées après deux ou trois exercices peut atteindre 15 à 20 %, notamment lorsque la résidence dispose d’ascenseurs, d’espaces verts entretenus ou d’un contrôle d’accès sécurisé.
Pour un T2, une charge prévisionnelle de 65 €/mois peut ainsi grimper à 78 €/mois une fois le budget de la copropriété stabilisé. Sur une base de 245 000 €, cet écart de 156 € par an représente 0,06 point de rendement — modeste isolément, mais qui s’additionne aux autres postes sous-estimés.
Comparer Bezons à d’autres marchés proches avant de trancher
La rentabilité brute affichée à Bezons se situe généralement entre 4,3 % et 5 % en 2026, un niveau comparable à d’autres communes des Hauts-de-Seine offrant un ticket d’entrée sous 350 000 €. Pour affiner votre décision, il est utile de comparer directement Bezons à sa voisine Colombes, dont le profil locatif et les prix au m² diffèrent sensiblement — un comparatif détaillé est disponible dans notre article sur Bezons ou Colombes, lequel offre le meilleur potentiel.
En Seine-Saint-Denis, certaines villes affichent des rendements bruts encore supérieurs à 5 %, comme détaillé dans notre analyse des villes où le rendement locatif dépasse encore 5 % — mais un rendement brut plus élevé ne garantit pas systématiquement un rendement net-net supérieur si la vacance locative ou les charges y sont plus élevées.

