En 2026, les frais de notaire dans le neuf représentent 2 à 3 % du prix d’achat, contre 7 à 8 % dans l’ancien — soit un écart réel de 12 000 à 15 000 € sur un bien à 300 000 €. Cette différence massive provient essentiellement des droits de mutation, quasi inexistants dans le neuf. Pourtant, la plupart des acheteurs sous-estiment cet avantage ou ne savent pas exactement où passe chaque euro. Décortiquons le sujet, ligne par ligne, avec des chiffres concrets.
Pourquoi les frais de notaire sont-ils si différents entre neuf et ancien ?
La raison tient en un mot : la TVA. Quand vous achetez un logement neuf en VEFA, le promoteur a déjà collecté la TVA à 20 % sur le prix de vente. L’État a donc perçu sa part. Résultat : les droits de mutation — la composante la plus lourde des frais de notaire — sont réduits à un taux symbolique de 0,715 % au lieu des 5,80 % appliqués dans l’ancien.
Dans l’ancien, il n’y a pas de TVA. L’État récupère sa fiscalité via les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), dont le taux a été relevé dans la quasi-totalité des départements au plafond de 4,50 % pour la seule taxe départementale, auxquels s’ajoutent la taxe communale et les frais d’assiette. Total : 5,80 %.
Le reste des frais — émoluments du notaire, débours, contribution de sécurité immobilière — est strictement identique que vous achetiez neuf ou ancien. C’est donc uniquement la fiscalité qui crée l’écart.

Le comparatif complet : neuf vs ancien, ligne par ligne
Les pourcentages généraux ne suffisent pas. Voici le détail précis pour un achat à 300 000 € en 2026 :
| Poste | Immobilier neuf (VEFA) | Immobilier ancien |
|---|---|---|
| Taux global frais de notaire | 2 à 3 % | 7 à 8 % |
| Droits de mutation (DMTO) | 0,715 % | 5,80 % (majoré) |
| Taxe de publicité foncière | 0,10 % | 4,50 % |
| Émoluments du notaire (base 300 000 €) | ≈ 2 990 € | ≈ 2 990 € |
| Contribution de sécurité immobilière | 0,10 % | 0,10 % |
| Frais divers et débours | ≈ 800 – 1 200 € | ≈ 800 – 1 200 € |
| Total estimé pour 300 000 € | ≈ 7 500 – 9 000 € | ≈ 21 000 – 24 000 € |
| Économie par rapport à l’ancien | 12 000 – 15 000 € | Référence |
Les émoluments du notaire sont réglementés par un barème national dégressif (arrêté du 26 février 2016, révisé). Ils ne changent pas selon la nature du bien. Seule la fiscalité fait exploser la note dans l’ancien.

Simulation concrète : un couple primo-accédant à Créteil
Prenons un cas réel. Sophie et Mehdi, 32 et 34 ans, cherchent un T3 en Île-de-France. Leur budget total, crédit inclus, plafonne à 330 000 €. Deux options se présentent :
Option A : un T3 ancien à Créteil à 300 000 €
Frais de notaire estimés : 22 500 € (7,5 %). Budget restant pour le bien après frais : 307 500 € au total. Mais comme les frais ne financent pas le bien, leur pouvoir d’achat immobilier réel est de 300 000 €, et il faut trouver 22 500 € supplémentaires — souvent en apport personnel.
Option B : un T3 neuf en VEFA à Créteil à 310 000 €
Frais de notaire estimés : 8 500 € (2,7 %). Coût total : 318 500 €. Ils restent sous leur budget de 330 000 € et s’offrent un bien plus cher de 10 000 € tout en payant 14 000 € de moins en frais. Le programme L’Échappée à Créteil illustre exactement ce type d’opportunité en VEFA.
Résultat : en choisissant le neuf, Sophie et Mehdi gagnent 14 000 € de pouvoir d’achat. C’est l’équivalent de 3 ans de charges de copropriété ou d’une cuisine entièrement équipée.

Les émoluments du notaire : un barème identique mais souvent mal compris
Beaucoup d’acheteurs pensent que le notaire “se sert davantage” dans l’ancien. Faux. Les émoluments sont strictement identiques, fixés par un barème national dégressif :
- De 0 à 6 500 € : 3,870 %
- De 6 500 à 17 000 € : 1,596 %
- De 17 000 à 60 000 € : 1,064 %
- Au-delà de 60 000 € : 0,799 %
Pour un achat à 300 000 €, cela donne environ 2 990 € HT d’émoluments, plus la TVA à 20 % soit environ 3 588 € TTC. Ce montant est le même que vous signiez pour un studio ancien à Bagneux ou un T4 neuf à La Faïencerie à Bourg-la-Reine.
Le notaire peut accorder une remise allant jusqu’à 20 % sur la tranche au-delà de 100 000 €. N’hésitez jamais à la demander — peu d’acheteurs le font, et la plupart des études l’accordent.
Droits de mutation 2026 : attention aux hausses départementales
Depuis la loi de finances 2025, les départements ont la possibilité de relever temporairement le taux de la taxe de publicité foncière de 4,50 % à 5,00 % pour les transactions dans l’ancien. En 2026, plusieurs départements franciliens et métropolitains ont activé cette option.
Ce que ça change concrètement
Sur un bien ancien à 300 000 €, un relèvement de 0,50 point représente 1 500 € de frais supplémentaires. Le taux global des DMTO passe alors de 5,80 % à environ 6,30 %, et les frais totaux dans l’ancien grimpent vers 8,5 %.
Dans le neuf, cette hausse ne s’applique pas puisque les droits de mutation restent à leur taux réduit. L’écart entre neuf et ancien se creuse donc encore davantage en 2026 dans les départements concernés.
Vérifiez systématiquement auprès de votre notaire le taux applicable dans le département où vous achetez. Les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne font partie des départements à surveiller.
L’impact sur votre capacité d’emprunt : le calcul que votre banquier ne fait pas
Les frais de notaire ne sont presque jamais financés par le prêt immobilier. La banque exige généralement que l’apport personnel couvre au minimum les frais d’acquisition. Et c’est là que l’écart neuf/ancien devient stratégique.
Moins de frais = moins d’apport nécessaire
Pour un achat à 300 000 € dans l’ancien, il faut mobiliser environ 22 000 € d’apport juste pour les frais. Dans le neuf, 8 000 € suffisent. La différence de 14 000 € peut être réinjectée dans le prix du bien, ce qui permet de viser un logement plus grand ou mieux situé.
Le bonus PTZ
Les primo-accédants éligibles au Prêt à Taux Zéro cumulent un double avantage : des frais de notaire réduits ET un financement à 0 % sur une partie du prix. Sur un T3 neuf à 280 000 € en zone A bis, le PTZ peut atteindre 112 000 €. Combiné aux frais réduits, l’effort d’apport initial tombe à moins de 5 % du prix total.
Neuf assimilé, VEFA, terrain + construction : quels frais pour chaque cas ?
Tous les achats “neufs” ne bénéficient pas automatiquement des frais réduits. Voici les distinctions essentielles :
VEFA (Vente en l’État Futur d’Achèvement)
C’est le cas classique : vous achetez sur plan auprès d’un promoteur. Frais de notaire réduits à 2-3 %. C’est le cas pour des programmes comme Serenova à Melun ou Arborea à Champs-sur-Marne.
Logement neuf achevé depuis moins de 5 ans (jamais habité)
Si le bien n’a jamais été occupé et que la vente intervient dans les 5 ans suivant l’achèvement, les frais réduits s’appliquent encore. Attention : dès qu’un premier occupant y a vécu, même un mois, le bien bascule dans le régime de l’ancien.
Construction sur terrain
Ici, c’est mixte. Les frais de notaire sur le terrain sont ceux de l’ancien (7-8 %). Seul le contrat de construction (CCMI) échappe aux frais notariés classiques puisqu’il n’est pas un acte authentique. Résultat global : un taux intermédiaire, autour de 3-4 % du coût total.
Neuf “assimilé” (réhabilitation lourde)
Certaines rénovations très lourdes permettent de bénéficier du régime fiscal du neuf, avec TVA à 20 % et frais réduits. Mais les conditions sont strictes : le bien doit être remis à l’état neuf au sens fiscal (fondations, clos-couvert, 2/3 des équipements remplacés). Cas rare mais existant.

5 erreurs fréquentes qui gonflent la facture
Même dans le neuf, certains acheteurs paient plus que nécessaire. Voici les pièges les plus courants :
- Ne pas demander la remise sur émoluments. Depuis 2021, le notaire peut accorder jusqu’à 20 % de remise sur la tranche supérieure à 100 000 €. Sur un achat à 300 000 €, c’est environ 320 € d’économie. Modeste, mais gratuit.
- Confondre prix TTC et prix hors taxes en VEFA. Les frais de notaire se calculent sur le prix TTC (TVA incluse). Certains simulateurs en ligne prennent le HT, ce qui fausse le résultat.
- Oublier les frais d’hypothèque ou de caution. Si vous financez avec un prêt, il faut ajouter les frais de garantie : environ 1,5 % pour une hypothèque, ou 1 % pour un organisme de caution (Crédit Logement, par exemple). Ces frais s’ajoutent aux frais de notaire.
- Ne pas vérifier le régime fiscal du bien. Un bien vendu comme “neuf” par un agent immobilier peut en réalité être soumis au régime de l’ancien si la première vente a déjà eu lieu. Exigez l’attestation de TVA.
- Négliger la clause de mobilier. Dans l’ancien, déduire la valeur du mobilier (cuisine équipée, dressing) du prix réduit l’assiette des droits de mutation. Dans le neuf en VEFA, cette astuce est inapplicable car le prix est forfaitaire TTC.
Comment réinvestir les 15 000 € économisés : 3 stratégies concrètes
L’économie sur les frais de notaire dans le neuf n’est pas abstraite. Voici trois façons intelligentes de l’utiliser :
1. Augmenter la surface ou le standing du bien
15 000 € supplémentaires sur le prix, c’est souvent la différence entre un T2 et un T3, ou entre un étage bas et un étage élevé avec vue dégagée. En VEFA, où les prix au m² varient selon l’étage et l’orientation, ce budget additionnel a un impact direct sur la qualité de vie.
2. Réduire la durée du prêt
En injectant 15 000 € d’apport supplémentaire, vous réduisez le capital emprunté. Sur un prêt à 3,5 % sur 25 ans, cela représente environ 25 000 € d’intérêts économisés sur la durée totale. Autrement dit, l’économie de frais de notaire se multiplie par 1,7 grâce à l’effet de levier du crédit.
3. Financer les travaux de personnalisation
En VEFA, les TMA (Travaux Modificatifs Acquéreurs) permettent de personnaliser votre logement avant livraison : déplacer une cloison, changer les revêtements, ajouter des prises. Budget moyen : 5 000 à 15 000 €. Les frais économisés couvrent exactement cette enveloppe.
Ce que ces frais réduits signifient pour votre projet en 2026
L’écart de frais de notaire entre neuf et ancien n’est pas un détail technique — c’est un levier financier de premier ordre. Sur un bien à 300 000 €, vous économisez entre 12 000 et 15 000 €, un montant qui grimpe à 20 000 € et plus dans les départements ayant relevé leurs droits de mutation.
En 2026, avec des taux d’intérêt qui se stabilisent autour de 3,2-3,5 % et un PTZ élargi aux zones tendues, le neuf retrouve un avantage compétitif net face à l’ancien — et les frais de notaire réduits en sont la composante la plus immédiate et la plus tangible.
Que vous visiez un premier achat en Île-de-France, un investissement locatif en région lyonnaise ou une résidence sur la Côte d’Azur, intégrez systématiquement cet écart dans votre comparaison neuf/ancien. C’est souvent lui qui fait basculer l’équation.
Explorez les programmes neufs disponibles sur notre guide complet de l’achat dans le neuf et simulez votre budget réel, frais inclus, pour chaque bien qui vous intéresse.
